« Je ne sais pas quoi faire plus tard » : et si votre ado n’avait pas besoin d’avoir la réponse tout de suite ?

— Alors, tu veux faire quoi plus tard ?

— J’sais pas.

— Oui, mais quand même… il va falloir commencer à y réfléchir.

— Ben j’y réfléchis.

— Et ?

— Ben… j’sais pas.

Fin de la conversation.

Durée approximative : 47 secondes.

Niveau d’avancement du projet d’orientation : 0. Niveau d’agacement parental : 8/10. Niveau d’envie de poursuivre cette passionnante discussion chez l’adolescent : -14.

Si cette scène vous rappelle quelque chose, bienvenue au club.

Et si le problème ne venait pas seulement de la réponse de votre ado… mais aussi un peu de la question qu’on lui pose ?

« Tu veux faire quoi plus tard ? » : une sacrée question à 16 ou 17 ans

À première vue, elle semble parfaitement logique.

On doit choisir des spécialités, une filière, remplir Parcoursup, regarder les formations… Il faudrait donc bien commencer par savoir quel métier on veut exercer.

Sauf que beaucoup de jeunes n’en savent rien.

Et, surtout, cela ne signifie pas nécessairement qu’ils ne s’intéressent à rien, qu’ils manquent de motivation ou qu’ils refusent de réfléchir.

Une enquête OpinionWay pour Edumapper, réalisée en 2025 auprès de 1 064 jeunes de 18 à 24 ans hors lycéens, montre que 72 % considèrent que les choix d’orientation arrivent trop tôt dans le parcours scolaire. Seuls 38 % estiment que les jeunes sont bien préparés à ces choix et 61 % pensent qu’il n’existe pas vraiment de droit à l’erreur en matière d’orientation professionnelle. OpinionWay

Autrement dit, on demande parfois à des jeunes qui ne connaissent encore qu’une toute petite partie du monde professionnel de répondre à une question qui leur paraît engager… les quarante prochaines années.

Forcément, cela peut bloquer.

Et peut-être que la première chose à faire consiste justement à changer un peu la question.

Lorsque j’accompagne un adolescent en orientation, je ne commence pas par ouvrir une liste de métiers.

Je commence par lui.

Qu’est-ce qui l’intéresse ?

Qu’est-ce qui lui donne de l’énergie ?

Dans quelles situations se sent-il plutôt à l’aise ?

Préférerait-il travailler avec des personnes, des idées, des objets, des données, des animaux, des machines ?

A-t-il besoin de bouger ? De créer ? De comprendre ? D’organiser ? D’aider ? De construire ? D’expliquer ?

Et puis il y a les valeurs, les besoins, le mode de fonctionnement, le rapport à l’autonomie, au cadre, au risque, aux études longues ou courtes.

Cela ne donne pas immédiatement le nom d’un métier.

Et c’est très bien ainsi.

Cela commence simplement à dessiner un terrain de jeu possible.

C’est exactement l’esprit de mon approche au Lab des Mauges : aider le jeune à mieux se connaître, explorer, comparer, vérifier puis décider, plutôt que lui attribuer une réponse à partir d’un test standardisé. Le Lab des Mauges

2. Remplacer « Quelle est ta passion ? » par des questions auxquelles il peut vraiment répondre

Autre grande classique de l’orientation :

« Mais enfin… qu’est-ce qui te passionne ? »

Très bonne question.

Sauf quand la réponse est :

« Rien. »

Ou :

« Netflix. »

Ou :

« Dormir. »

Nous voilà bien avancés.

Tout le monde n’a pas, à 16 ans, une passion tellement évidente qu’elle clignote en lettres lumineuses au-dessus de sa tête.

Et ce n’est pas grave.

Il peut être beaucoup plus intéressant de demander :

« Qu’est-ce qui t’intéresse un peu plus que le reste ? »

Ou :

« Sur quel sujet pourrais-tu facilement passer une heure à chercher des informations ? »

Ou encore :

« Quand est-ce que tu as récemment eu l’impression d’être vraiment à ta place ? »

On ne cherche plus la révélation.

On cherche des indices.

Et les indices, accumulés petit à petit, finissent souvent par raconter quelque chose.

3. Lui faire comprendre qu’il ne choisit pas aujourd’hui toute sa vie

C’est probablement l’un des messages les plus importants à faire passer.

Choisir une orientation n’est pas signer un contrat définitif avec son futur soi à 45 ans.

Un jeune choisit d’abord une prochaine étape.

Après la 3e, il choisit une voie.

En seconde, il choisit des spécialités ou éventuellement une série technologique.

En terminale, il choisit une formation post-bac.

Et même une fois entré dans le supérieur, il peut encore ajuster, bifurquer ou se réorienter.

Sur la page Orientation étudiant du Lab, c’est précisément l’idée que je défends : une réorientation n’est pas nécessairement un échec ; elle peut devenir une étape de construction si l’on prend le temps de comprendre ce qui ne convenait pas et de choisir autrement. Le Lab des Mauges

L’enquête OpinionWay montre d’ailleurs combien cette peur pèse : 45 % des jeunes interrogés citent la crainte de faire un choix qui ne leur plaira pas parmi les principales difficultés rencontrées, devant même la peur de ne pas réussir dans la formation choisie. OpinionWay

Alors oui, un choix compte.

Mais un choix n’est pas une condamnation.

Cette nuance peut déjà faire considérablement baisser la pression.

4. Explorer avant de demander de choisir

Imaginez que je vous demande :

« Tu préfères le restaurant A, B ou C ? »

Si vous n’avez jamais mangé dans aucun des trois, votre choix risque d’être assez approximatif.

L’orientation, c’est pareil.

On demande parfois à un jeune de choisir entre des métiers dont il ignore presque tout.

Il connaît avocat grâce aux séries télévisées, architecte parce qu’un cousin fait des études dans le domaine, psychologue parce qu’il aime écouter ses amis et ingénieur parce qu’on lui a dit qu’avec ses notes en maths, « ce serait dommage de ne pas faire ça ».

Ce sont des représentations.

Pas encore des informations.

Avant de choisir, il faut donc ouvrir.

Découvrir des secteurs.

Regarder des métiers inconnus.

Explorer les environnements de travail.

Lire, regarder des témoignages, utiliser l’Onisep ou le CIDJ, aller à des salons, discuter avec des étudiants, visiter des établissements.

À ce stade, l’objectif n’est surtout pas de demander :

« Alors ? C’est lequel ? »

L’objectif est d’avoir davantage de matière pour réfléchir.

5. Passer de Google… à la vraie vie

Internet est formidable.

Mais il ne suffit pas.

L’enquête OpinionWay pour Edumapper montre que 82 % des jeunes interrogés ont utilisé Internet et les réseaux sociaux pour réfléchir à leurs études ou à leur futur métier. Pourtant, 47 % déclarent ne pas avoir eu accès à toutes les informations nécessaires au collège ou au lycée. OpinionWay

Et surtout, 56 % disent avoir déjà regretté un mauvais choix d’orientation par manque d’information. Parmi les choses qui leur ont le plus manqué figurent notamment les retours d’expérience et témoignages d’étudiants ou de professionnels. OpinionWay

C’est exactement pour cela que, dans mes accompagnements, je donne une place importante aux micro-enquêtes puis aux enquêtes terrain.

Une idée de métier ?

Très bien.

Mais avant de décider qu’il faut devenir kiné, architecte, ingénieur, éducateur spécialisé ou travailler dans la communication, allons voir ce que ces personnes font vraiment.

Un échange de dix minutes avec quelqu’un qui exerce peut parfois être plus instructif que deux heures de recherche.

Même chose pour les formations.

Les journées portes ouvertes, les immersions et les échanges avec les étudiants sont précieux parce qu’ils permettent de confronter l’idée que l’on s’en fait à la réalité.

C’était justement le sujet du précédent article : Journée portes ouvertes post-bac : les 15 questions à poser avant de choisir une école.

6. Aider son ado à construire SES critères de choix

C’est souvent ici que les parents doivent faire un petit exercice de haute voltige.

Parce qu’évidemment, nous avons nos propres critères.

Une formation qui débouche sur un emploi stable.

Pas trop loin.

Pas trop chère.

Avec un diplôme reconnu.

Et si possible une résidence étudiante propre, une gare à proximité et aucune soirée étudiante le jeudi soir.

Tout à fait raisonnable.

Sauf que votre adolescent a lui aussi des critères.

Et ils ne sont pas nécessairement exactement les mêmes.

Il peut avoir besoin de beaucoup de pratique, d’un petit groupe, de bouger, d’autonomie ou au contraire d’un cadre très présent.

Il peut vouloir partir.

Ou surtout ne pas partir.

Préférer une alternance à cinq années d’études.

Chercher un domaine où il pourra créer, travailler en équipe, être dehors ou se sentir utile.

L’objectif n’est donc pas de laisser le jeune décider seul de tout.

Le budget familial, la mobilité ou certaines contraintes scolaires sont bien réels.

Il s’agit plutôt de poser les critères sur la table, de les hiérarchiser et d’apprendre à comparer.

Sur ma page Orientation scolaire, je résume cela ainsi : choisir, c’est apprendre à explorer, comparer, se renseigner, questionner, hiérarchiser, vérifier, décider puis ajuster. Le Lab des Mauges

C’est une compétence.

Et comme toutes les compétences, elle s’apprend.

7. Remplacer « Alors, tu as choisi ? » par « Quelle est ta prochaine étape ? »

C’est probablement ma question préférée.

Parce qu’elle change complètement la dynamique.

Imaginez deux conversations.

La première :

« Alors ? Tu sais maintenant ce que tu veux faire ? »

Réponse possible :

« Toujours pas. »

Retour au point de départ.

La seconde :

« Quelle est la prochaine chose que tu pourrais faire pour avancer ? »

Et là, la réponse peut être :

« Je pourrais regarder les métiers du paramédical. »

« J’aimerais discuter avec quelqu’un qui travaille dans l’informatique. »

« Je veux aller visiter ce BUT. »

« Je vais comparer BTS et bachelor. »

« J’aimerais vérifier si cette école est vraiment reconnue. »

Et là, quelque chose s’est passé.

Le jeune n’a pas encore la réponse.

Mais il est en mouvement.

Or l’orientation n’est pas seulement un résultat.

C’est un cheminement.

Et les parents dans tout ça ?

Vous avez évidemment un rôle essentiel.

D’ailleurs, dans l’étude OpinionWay pour Edumapper, 73 % des jeunes interrogés disent que leurs parents se sont beaucoup ou assez occupés de leur orientation, et 78 % considèrent que leurs souhaits ont été suffisamment pris en compte par leurs parents. OpinionWay

Les parents ne sont donc pas « le problème ».

Et il ne s’agit certainement pas de les sortir de l’équation.

Mais leur rôle évolue.

À mesure que le jeune avance, le parent peut devenir celui qui aide à questionner, à vérifier une information, à prendre du recul, à organiser une visite, à ouvrir son réseau ou simplement à écouter.

Sans porter le projet entier sur ses épaules.

Et sans remplir Parcoursup à 1 h 12 du matin pendant que l’intéressé dort paisiblement à l’étage.

L’équilibre n’est pas toujours simple.

Mais une phrase peut servir de boussole :

accompagner sans faire à la place.

Mon ado ne sait vraiment rien : faut-il s’inquiéter ?

Pas nécessairement.

Un jeune peut être au début de son exploration.

Il peut aussi manquer d’informations, avoir peur de se tromper, avoir trop de possibilités, manquer de confiance ou tout simplement ne pas avoir encore trouvé le sujet qui l’accroche.

Ce qui mérite davantage d’attention, c’est lorsque le « je ne sais pas » devient durablement un « je ne veux plus en parler », que chaque discussion finit en conflit, que le jeune se dévalorise ou que les échéances commencent à approcher sans qu’il parvienne à se mettre en mouvement.

Dans ce cas, l’intervention d’une personne extérieure peut parfois changer la dynamique.

Non parce qu’elle possède une boule de cristal permettant de révéler LE métier idéal.

Mais parce qu’elle permet de créer un espace neutre.

Un endroit où le jeune peut réfléchir sans avoir l’impression de devoir rassurer papa ou maman.

Au Lab des Mauges : pas de métier tiré du chapeau

Au Lab des Mauges, à Liré près d’Ancenis, j’accompagne les collégiens, lycéens et étudiants qui ont besoin de clarifier leur orientation.

Ma démarche s’inspire de l’ADVP – Activation du Développement Vocationnel et Personnel.

Elle repose sur quatre mouvements : explorer, clarifier, choisir puis passer à l’action. Elle est progressive, expérientielle et ne repose pas sur des tests d’orientation censés décider à la place du jeune. Le Lab des Mauges

Au fil de l’accompagnement, le jeune construit progressivement son propre Kaléidoscope : ce qu’il aime, ses centres d’intérêt, ses valeurs, ses atouts, les conditions dans lesquelles il aimerait travailler, ses contraintes et les pistes qu’il souhaite approfondir.

Puis vient le temps des recherches et des enquêtes.

On vérifie les métiers.

On vérifie les formations.

On confronte les idées à la réalité.

Et peu à peu, le brouillard se lève.

Pas parce que quelqu’un lui a donné LA réponse.

Mais parce qu’il est devenu davantage capable de construire la sienne.

Orientation scolaire près d’Ancenis : quand se faire accompagner ?

L’accompagnement peut être utile lorsque votre enfant reste bloqué dans le « je ne sais pas », hésite entre trop de possibilités, manque de méthode pour chercher, se sent sous pression face à Parcoursup ou lorsque les discussions sur l’orientation commencent à devenir tendues à la maison.

Le Lab des Mauges est situé à Liré, commune d’Orée-d’Anjou, près d’Ancenis. Les accompagnements peuvent se dérouler au cabinet ou à distance. Le Lab des Mauges

Une première rencontre Starter Orientation, gratuite et sans engagement, permet de faire le point sur la situation et de voir si un accompagnement serait pertinent.

Parce que votre enfant n’a pas besoin de connaître aujourd’hui toute sa vie professionnelle.

Il a surtout besoin d’apprendre à avancer vers la prochaine étape.

Et peut-être qu’au lieu de lui demander ce soir :

« Alors, tu veux faire quoi plus tard ? »

vous pourriez essayer :

« Qu’est-ce que tu aurais envie d’aller découvrir ? »

La conversation pourrait être assez différente.

Questions fréquentes

Est-ce normal qu’un adolescent ne sache pas quoi faire plus tard ?

Oui. À 15, 16 ou 17 ans, de nombreux jeunes n’ont pas encore de projet professionnel précis. Dans l’étude OpinionWay pour Edumapper, seuls 42 % des 18-24 ans interrogés déclaraient avoir su quel métier ils voulaient exercer et avoir été sûrs de leur choix lorsqu’ils réfléchissaient à leurs études supérieures ; 32 % avaient une idée sans être certains et 25 % ne savaient pas quel métier exercer. OpinionWay

Comment aider son enfant à trouver son orientation ?

Commencer par mieux comprendre ses centres d’intérêt, ses besoins, ses valeurs et sa manière de fonctionner, puis élargir les possibilités. Viennent ensuite les recherches sur les métiers et les formations, les rencontres, les journées portes ouvertes et les immersions. Le choix vient après l’exploration, pas avant.

Faut-il faire passer un test d’orientation à son ado ?
 

Un test peut éventuellement être un support de discussion, mais il ne devrait pas décider à la place du jeune. Au Lab des Mauges, j’ai choisi une démarche ADVP sans tests standardisés : le jeune construit progressivement ses critères et confronte ses hypothèses à la réalité. Le Lab des Mauges

Comment aider sans mettre la pression ?

En privilégiant les questions ouvertes, en séparant exploration et décision, en acceptant qu’une orientation puisse évoluer et en aidant le jeune à identifier la prochaine action à effectuer plutôt qu’à résoudre immédiatement toute sa vie professionnelle.

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Géraldine Gilbert

Votre ado ne sait pas quoi faire plus tard ?
Un premier échange pour y voir plus clair.

Votre enfant est collégien, lycéen ou étudiant et son orientation reste floue, source d’hésitation ou de tension à la maison ?

Je vous propose un premier échange Starter Orientation, gratuit et sans engagement, pour comprendre sa situation, répondre à vos questions et voir si un accompagnement peut l’aider à avancer, sans choisir à sa place.

Le Lab des Mauges – Liré, Orée-d’Anjou, près d’Ancenis-Saint-Géréon.

 

Sources principales

L’étude statistique utilisée dans cet article est le sondage OpinionWay pour Edumapper, “Les jeunes et l’orientation scolaire et professionnelle”, juin 2025, mené auprès de 1 064 jeunes de 18 à 24 ans hors lycéens, interrogés en avril 2025.
Consulter l’étude OpinionWay pour Edumapper


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