Comment savoir si une formation post-bac est sérieuse ? 8 vérifications
Le campus est beau.
Les étudiants rencontrés lors de la journée portes ouvertes avaient l’air ravis.
La présentation était convaincante.
Et votre adolescent ressort en vous disant :
« Franchement, je me vois bien ici. »
Plutôt bonne nouvelle.
Une orientation se construit aussi avec de l’envie, de la curiosité et ce sentiment que l’on pourrait se sentir bien quelque part.
Mais quand il s’agit de choisir une formation post-bac — et parfois d’engager plusieurs milliers d’euros par an — une autre question mérite d’être posée :
comment savoir si cette formation est réellement sérieuse ?
Entre BTS, BUT, licences, bachelors, écoles spécialisées, formations en alternance, diplômes visés, grades, titres RNCP ou cursus hors Parcoursup, il n’est pas toujours facile pour les familles de s’y retrouver.
Et le plus important n’est pas de se méfier de toutes les écoles privées ou de considérer qu’une formation chère est forcément moins fiable.
L’enjeu est beaucoup plus simple :
apprendre à vérifier avant de choisir.
Voici 8 points que je conseille de regarder avant de s’engager.
1. Quel diplôme obtient-on exactement à la fin de la formation ?
C’est la première question à poser.
Elle paraît évidente.
Pourtant, entre le nom commercial d’une formation, celui de l’école et celui du diplôme réellement délivré, il peut y avoir une différence importante.
Une école peut par exemple communiquer sur un « Bachelor Marketing », un « Bachelor Management » ou un « Mastère » sans que ces appellations renseignent, à elles seules, sur la reconnaissance académique ou professionnelle du diplôme.
Demandez donc : « Quel est le nom exact du diplôme ou de la certification obtenue à la fin de ces études ? »
Puis vérifiez cette information.
Autre point important : une école peut être reconnue par l’État sans que tous les diplômes qu’elle délivre le soient de la même manière. Le ministère de l’Enseignement supérieur précise que la reconnaissance par l’État de l’établissement concerne l’établissement lui-même et non automatiquement chacun de ses diplômes.
Autrement dit :
ne vérifiez pas seulement l’école. Vérifiez la formation précise envisagée par votre enfant.
2. « Diplôme reconnu », RNCP, grade de licence… est-ce la même chose ?
Non.
Et c’est probablement l’une des principales sources de confusion pour les familles.
Un diplôme national, comme un BTS, un BUT, une licence ou un master, n’a pas exactement le même statut qu’un diplôme visé par le ministère ou qu’une certification professionnelle enregistrée au RNCP.
De la même manière, un niveau 6 au RNCP renseigne sur un niveau de qualification professionnelle. Il ne signifie pas automatiquement que la formation confère le grade universitaire de licence.
France compétences définit huit niveaux de qualification pour les certifications professionnelles enregistrées au RNCP, en fonction notamment de la complexité des savoirs, des savoir-faire et du degré d’autonomie et de responsabilité attendus dans l’activité professionnelle.
De son côté, le ministère publie les listes des établissements et des formations autorisés à délivrer certains diplômes visés ou conférant un grade de licence ou de master. Ces autorisations concernent des diplômes précis et sont accordées pour une durée déterminée.
Vous vous sentez déjà un peu perdu ?
C’est normal.
Je consacrerai justement un prochain article à la différence entre diplôme national, bachelor, visa, grade de licence, grade de master et titre RNCP.
Pour l’instant, retenez surtout ceci :
ne vous contentez jamais de la formule « diplôme reconnu par l’État » affichée sur une brochure. Cherchez à savoir précisément de quelle reconnaissance il s’agit.
3. La formation est-elle sur Parcoursup ?
Être sur Parcoursup ne suffit pas, à lui seul, pour choisir une formation.
Mais la plateforme offre un cadre particulièrement utile pour comparer les cursus.
Pour la rentrée 2026, Parcoursup référence plus de 25 000 formations. Chaque fiche présente notamment le statut de l’établissement, le caractère sélectif ou non de la formation, sa capacité d’accueil, certains labels délivrés par l’État, l’éligibilité aux bourses ainsi que d’autres informations permettant de comparer les cursus.
Regardez particulièrement la carte d’identité de la formation et les éventuels labels.
Parcoursup indique notamment lorsqu’une formation bénéficie d’un contrôle ou d’une habilitation de l’État et précise le type de reconnaissance concerné.
Ne vous arrêtez donc pas au titre de la formation.
Ouvrez la fiche.
Regardez les détails.
Puis comparez plusieurs formations similaires.
C’est souvent beaucoup plus instructif que de comparer uniquement leurs sites internet.
4. Une formation hors Parcoursup doit-elle inquiéter ?
Pas nécessairement.
Hors Parcoursup ne veut pas dire mauvaise formation.
Certaines formations recrutent directement auprès des candidats et peuvent parfaitement correspondre à un projet.
Mais dans ce cas, je conseille aux familles d’être encore plus attentives à ce qu’elles vérifient elles-mêmes.
Si une école vous propose une inscription directe, demandez clairement quel diplôme sera délivré, qui en est le certificateur, quelle est sa reconnaissance actuelle, quelles poursuites d’études seront réellement possibles et quel sera le coût global du cursus.
Et surtout :
prenez le temps de vérifier ces informations ailleurs que sur le seul site de l’école.
Une formation peut être très bonne tout en étant hors Parcoursup.
Mais une belle plaquette commerciale n’est pas une preuve suffisante.
5. Quels sont les vrais résultats de la formation ?
Une phrase comme :
« 95 % de nos étudiants trouvent un emploi »
est évidemment rassurante.
Mais elle mérite immédiatement une deuxième question :
95 % de qui, à quel moment et dans quel type d’emploi ?
L’insertion a-t-elle été mesurée trois mois, six mois ou un an après la sortie ?
Combien d’anciens étudiants ont répondu à l’enquête ?
L’emploi trouvé est-il en rapport avec la formation ?
Combien poursuivent finalement leurs études ?
Pour plus de 75 % des formations référencées sur Parcoursup, la plateforme met désormais à disposition des données concernant le devenir des étudiants, avec notamment des informations sur la réussite, la poursuite d’études ou l’insertion professionnelle et, selon les formations, les conditions d’emploi douze mois après la sortie.
Ces données permettent de prendre un peu de recul par rapport aux seuls chiffres mis en avant par l’établissement.
Lorsque l’information existe, comparez.
6. Combien va réellement coûter cette formation ?
Pour une formation privée, ne vous contentez pas du prix de la première année.
Demandez le coût total du cursus envisagé.
Si votre enfant part pour trois ou cinq années d’études, il faut prendre en compte les frais de scolarité mais aussi les éventuels frais d’inscription, de dossier, de concours, de matériel, de certification, de séjour à l’étranger ou encore les augmentations possibles d’une année sur l’autre.
Regardez également les conditions d’annulation et de remboursement avant de verser une somme importante.
Cette prudence n’est pas excessive.
Lors d’une enquête portant sur 90 établissements privés de l’enseignement supérieur contrôlés en 2021 et 2022, la DGCCRF indiquait que plus de la moitié présentaient au moins une anomalie. Les manquements identifiés concernaient notamment les contrats, certaines informations tarifaires ou les conditions de rétractation.
Cela ne signifie évidemment pas que les établissements privés ne sont pas fiables.
Cela signifie simplement qu’un engagement financier important mérite d’être examiné avec la même attention que n’importe quel contrat.
7. Que se passe-t-il réellement dans l’école une fois la journée portes ouvertes terminée ?
Les journées portes ouvertes sont très utiles.
Allez-y.
Visitez les locaux.
Rencontrez les enseignants.
Écoutez la présentation.
Mais si vous le pouvez, profitez surtout de cette journée pour discuter avec des étudiants qui suivent réellement la formation.
Et encouragez votre adolescent à poser lui-même les questions.
Pas uniquement :
« Vous aimez votre école ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce qui t’a surpris en arrivant ici ? »
« Est-ce que la formation correspondait à ce qu’on t’avait présenté avant ton inscription ? »
« Combien d’heures de cours avez-vous réellement ? »
« Que se passe-t-il quand un étudiant rencontre des difficultés ? »
« Est-ce facile de trouver son alternance ? »
« Si c’était à refaire, tu choisirais encore cette formation ? »
Ce sont parfois ces échanges de quelques minutes qui donnent les informations les plus intéressantes.
En orientation, j’encourage beaucoup les jeunes à aller confronter leurs représentations à la réalité.
Lire une fiche métier ou une brochure est utile.
Rencontrer ceux qui vivent déjà la formation ou exercent déjà le métier apporte autre chose.
8. Et surtout : cette formation correspond-elle vraiment à votre enfant ?
C’est le point essentiel.
Parce qu’une formation peut être sérieuse, reconnue et offrir de bons débouchés…
sans pour autant être la bonne formation pour votre adolescent.
Un jeune qui a besoin de concret et de mise en pratique ne vivra pas ses études de la même façon qu’un jeune qui adore les enseignements très théoriques.
Certains ont besoin d’un cadre très structuré.
D’autres apprécient beaucoup d’autonomie.
Certains se projettent facilement dans cinq années d’études.
D’autres ont envie d’entrer rapidement dans le monde professionnel.
Il faut également tenir compte de la mobilité, du budget familial, de l’envie ou non de partir loin, de l’alternance, du rythme de travail, des matières étudiées et de l’environnement dans lequel le jeune se sent capable de progresser.
C’est pourquoi, quand j’accompagne un jeune en orientation, je ne cherche pas à répondre immédiatement à :
« Quelle est la meilleure formation ? »
Je préfère commencer par une autre question :
« Quels sont les critères importants pour toi pour qu’une formation te corresponde ? »
Car une fois ces critères identifiés, le jeune peut beaucoup mieux comparer.
Et surtout, il commence à apprendre à choisir.
Une formation sérieuse n’est donc pas forcément « la bonne formation »
C’est probablement ce que j’aimerais que vous reteniez de cet article.
Il y a en réalité deux vérifications différentes à faire.
La première concerne la formation :
Est-elle sérieuse ? Le diplôme est-il clairement identifié ? Quelle est sa reconnaissance ? Quels sont ses résultats ? Quel est son coût réel ?
La deuxième concerne votre enfant :
Est-ce que cette formation lui correspond ?
C’est souvent là que les choses se compliquent.
Parce qu’il peut être relativement facile d’éliminer une formation qui ne présente pas suffisamment de garanties.
Il est beaucoup plus difficile de départager trois bonnes formations.
Et c’est précisément à ce moment-là que le travail d’orientation prend tout son sens.
Il ne s’agit plus seulement de chercher des informations.
Il faut apprendre à les trier, définir ses critères, confronter plusieurs possibilités, aller enquêter et, progressivement, prendre une décision.
Comment aider son ado à choisir sans choisir à sa place ?
La tentation est parfois grande.
Vous connaissez votre enfant.
Vous avez davantage d’expérience.
Vous voyez certaines contraintes qu’il ne voit pas encore.
Et quand il hésite depuis plusieurs semaines, on aimerait parfois lui dire :
« Fais ça. Au moins, tu seras tranquille. »
Pourtant, l’un des apprentissages les plus importants de l’orientation consiste justement à aider le jeune à devenir acteur de sa décision.
Les parents ont toute leur place.
Ils peuvent questionner, apporter des informations, aider à vérifier un budget, proposer des visites ou ouvrir leur réseau.
Mais le jeune a besoin, progressivement, de construire ses propres critères et de pouvoir expliquer :
« J’ai choisi cette formation parce que… »
Et pas uniquement :
« Mes parents pensent que c’est mieux pour moi. »
C’est cette capacité à choisir que je travaille avec les jeunes que j’accompagne.
Orientation scolaire près d’Ancenis : prendre le temps de vérifier avant de décider
Au Lab des Mauges, à Liré, près d’Ancenis, j’accompagne les collégiens, lycéens et étudiants qui ont besoin d’y voir plus clair dans leur orientation.
Mon approche repose sur une démarche inspirée de l’ADVP – Activation du Développement Vocationnel et Personnel.
Elle ne consiste pas à faire passer un test pour annoncer ensuite au jeune qu’il est « fait pour » tel ou tel métier.
Nous travaillons autrement : mieux se connaître, explorer, rechercher, rencontrer, vérifier, comparer puis apprendre à choisir.
L’accompagnement en orientation scolaire peut notamment être utile lorsqu’un lycéen commence à réfléchir à ses études post-bac, hésite entre plusieurs domaines ou plusieurs formations, se sent perdu face à Parcoursup ou n’arrive tout simplement pas à savoir par où commencer.
Pour un étudiant déjà engagé dans le supérieur qui envisage une réorientation ou souhaite comparer plusieurs nouvelles formations, l’accompagnement en orientation étudiant permet de reprendre la réflexion à partir de sa situation actuelle.
Les rendez-vous peuvent avoir lieu en présentiel à Liré, à Orée-d’Anjou près d’Ancenis, ou à distance. Une séance Starter Orientation gratuite et sans engagement permet d’abord de faire le point sur la situation et de vérifier si un accompagnement serait réellement utile.
Questions fréquentes
Comment savoir si un diplôme est reconnu par l’État ?
Il faut commencer par identifier le nom exact du diplôme ou de la certification, puis vérifier la nature de sa reconnaissance. Une certification enregistrée au RNCP, un diplôme visé, un diplôme conférant un grade de licence et un diplôme national ne correspondent pas exactement aux mêmes dispositifs de reconnaissance. Les sites du ministère de l’Enseignement supérieur, de France compétences et Parcoursup sont les premières sources à consulter.
Un titre RNCP niveau 6 est-il l’équivalent d’une licence ?
Un niveau 6 au RNCP indique un niveau de qualification professionnelle dans le cadre national des certifications. Il ne faut pas en déduire automatiquement qu’une certification confère le grade universitaire de licence. C’est précisément le type de distinction qu’il faut vérifier pour chaque formation.
Une formation hors Parcoursup est-elle forcément moins fiable ?
Non. L’absence de Parcoursup n’est pas, à elle seule, un critère permettant de juger la qualité d’une formation. En revanche, la famille doit effectuer elle-même davantage de vérifications sur le statut de l’établissement, la certification délivrée, son enregistrement éventuel au RNCP, les poursuites d’études, les résultats annoncés, les coûts et le contrat proposé.
Quels critères regarder avant de choisir une formation post-bac ?
Il faut croiser deux catégories de critères : la qualité et la reconnaissance de la formation, mais aussi son adéquation avec le jeune. Une formation peut être excellente sur le papier et ne pas correspondre à sa façon d’apprendre, à ses aspirations, à son besoin d’encadrement, à son budget ou à son projet.
Sources officielles consultées – septembre 2026
Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : informations relatives aux établissements privés et listes officielles des diplômes visés ou conférant un grade.
Parcoursup : informations sur les formations référencées, les labels, les cartes d’identité des formations et les données de poursuite d’études et d’insertion.
France compétences : cadre national des certifications professionnelles et niveaux de qualification.
DGCCRF : contrôles et recommandations concernant les contrats dans l’enseignement supérieur privé.
À propos de l’autrice
Géraldine GILBERT est formatrice pour adultes, coach professionnelle et consultante en orientation scolaire et professionnelle. Fondatrice du Lab des Mauges, à Liré près d’Ancenis, elle accompagne les jeunes dans leurs choix d’orientation avec une démarche inspirée de l’ADVP, basée sur l’exploration, l’expérience et la construction progressive de la décision.

